Affaire Zidane-Mazerati
Extrait de Presse du 15/07/2006

Après la finale de la Coupe du Monde du 9 juillet 2006, se soldant par la victoire de l'Italie sur la France aux tir aux buts après prolongations, les médias entretiennent le suspens de la fin de carrière de Zidane, en développant son expulsion aux prolongations suite à un coup de tête asséné à Mazerati. Une confrontation entre les deux joueurs est prévue à la FIFA le 20 juillet.

Les mots de Zidane (extrait de "L'Equipe") :
Zidane «s'excuse et ne regrette pas»
«Je dirai toujours à mes enfants de ne jamais se faire marcher sur les pieds et en même temps d'éviter ce genre de situation». C'est par des formules comme celles-ci, à la fois fières et conscientes, parfois alambiquées mais souvent nourries d'esprit citoyen, que Zinédine Zidane a tenté de se sortir du périlleux exercice de «l'explication de tête». Interrogé sur Canal+ mercredi, le néo-retraité est revenu sur le coup porté à l'Italien Marco Materazzi et son exclusion comme fin de carrière.
«Ce n'est pas un geste à faire, je tiens à le dire haut et fort, a expliqué d'un côté Zinédine Zidane. Il a été vu par des millions d'enfants. Auprès d'eux, auprès des éducateurs, je m'en excuse». Comment en arriver là ? Le contexte n'est pas en cause : «je n'ai jamais eu de contentieux avec n'importe-qui (dans l'équipe d'Italie), avant le match, comme pendant le match». Materazzi compris. Tout commence quand le défenseur de l'Inter Milan tire le maillot du Français. «Je lui dis d''arrêter. Je lui dis que s'il veut, je lui échange après la fin du match.» Mardi, Marco Materazzi a donné sa version : «(Zidane) m'a parlé en raillant, il m'a regardé avec une super arrogance, de haut en bas en me disant : si vraiment tu veux mon maillot, je te le donnerai après. Je lui ai répondu avec une insulte, c'est vrai».
«Alors il dit des mots très durs, des mots plus durs que les gestes», relate Zidane. Le présentateur, Michel Denisot, accélère le rythme des questions, insiste. Les deux hommes se coupent mutuellement : «Vous parle-t-il de votre soeur, votre mère ?», demande Denisot. «Oui. Il parle de choses qui touchent au plus profond de moi. Des choses graves qu'il répète une fois, deux fois, trois fois... J'aurais préféré prendre une droite dans la gueule.» Ces mots crus résument l'état d'esprit de Zidane : pas de pardon ! «Je ne peux pas regretter mon geste. Cela voudrait dire qu'il aurait eu raison de dire tout cela. Il n'avait surtout pas raison. On parle toujours de la réaction mais s'il n'y a pas de provocation, il n'y pas de réaction. Le coupable c'est celui qui provoqué.» Coupable ? responsable ? Les mots s'emmêlent, reste la volonté d'affirmer : «Ce n'est pas pardonnable, je m'en excuse.» «Et si cela devait se repasser, agiriez vous ainsi ?» «Je vous ai dit ce que je pensais...» X.C.

La réponse de Mazerati (extraits du "Matin du Sahara") :
L'affaire Zidane/Materazzi semble empêtrée dans un labyrinthe inextricable. En effet et après avoir ouvert une enquête à l'encontre de l'ex-capitaine de l'équipe de France, Zidane, la Fédération Internationale de Football Amateur (FIFA) a décidé de faire de même avec le défenseur italien Materazzi, histoire de démêler l'écheveau de l'incident qui préoccupe les plus hautes instances du football.
Ainsi, Marco Materazzi, s'est rendu hier matin au siège de la Fifa à Zurich (Suisse) pour être entendu par la commission disciplinaire sur l'épisode du coup de tête de Zinédine Zidane en finale de la Coupe du monde de football qui a lieu dimanche dernier.
D'après les médias présents sur place, Materazzi est arrivé vers 8 h 00 GMT dans une voiture aux vitres teintées, accompagné de son avocat et d'un responsable des relations internationales de la Fédération italienne de football, Sergio Di Cesare.
Le défenseur de l'Inter Milan a quitté le bâtiment, visage fermé, à 9 h 40 GMT, et n'a fait aucune déclaration, selon les mêmes sources.
La Fifa, quant à elle, a fait savoir qu'elle ne communiquera pas sur la réunion d'hier matin, et qu'elle laisse ce soin à la Fédération italienne de football. Avant de préciser que « la confrontation prévue à Zurich le 20 juillet entre Zidane et Materazzi est toujours d'actualité ».
Avant de se rendre à Zurich, Marco Materazzi a tenu à répondre aux accusations portées par Zinédine Zidane sur les chaînes françaises : « Je ne lui ai rien dit de raciste ou qui concernait la religion et la politique » a-t-il expliqué. « Je n'ai pas évoqué sa mère. J'ai perdu ma maman à quinze ans et encore maintenant, j'ai beaucoup de mal à en parler. Je ne savais naturellement pas que la sienne était à l'hôpital. » Avant d'ajouter avec une certaine ironie : « Zidane est toujours un mythe pour moi, je l'admire beaucoup. »
Selon le code disciplinaire de la Fédération internationale de football, les deux hommes risquent des sanctions symboliques. En effet, Zidane, parti à la retraite à l'issue de la finale, serait peut-être condamné à deux matches de suspension et à une amende minimale de 5.000 CHF (3.300 euros) pour "voies de fait". Le vice-champion du monde pourrait également se voir retirer son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde, comme l'a laissé entendre mercredi le président de la Fifa Joseph Blatter.
Quant à Materazzi, il risque au moins deux rencontres de suspension pour "atteinte à l'honneur", ou au moins cinq matches, une interdiction de stade et une amende d'au moins 10.000 CHF (6.600 euros) pour une infraction liée au racisme.
Rappelons que lors de la finale du Mondial, Zidane avait frappé Materazzi d'un coup de tête à la poitrine à la 110e minute, provoquant sa propre exclusion définitive.