Affaire Zemmama : Le Raja cède
et cherche à négocier le transfert
Décidemment, chaque début de saison apporte son lot de
surprenants transferts sur fond de scandalres. Des pirouettes rocambolesques ont permis à
des joueurs de contourner les lois établies pour se retrouver dans d'autres clubs sous
les yeux goguenards des dirigeants du club d'origine. Rappelons-nous les affaires Aït
Laarif ou Sarsar qui avaient défrayé la chronique sportive.
Il faut avouer que l'amateurisme de notre football a entraîné toutes sortes de
manigances, qui, le plus souvent se sont déroulées dans l'impunité la plus totale.
Il y a également cette prolifération de soi-disant agents de joueurs non reconnus par
l'instance international et qui servent d'intermédiaires dans de louches transactions.
L'objectif pour ces agents rapaces est surtout d'empocher au passage de substantielles
commissions. Ce qui inquiète, au demeurant, c'est l'impunité dont ils jouissent alors
qu'ils affichent clairement leurs activités.
Certains ont même changé de profession pour se transformer en «recruteurs». La loi est
pourtant claire dans ce domaine où il faut une licence délivrée par la FIFA pour
pouvoir exercer.
La plupart de ces agents se comptent parmi les anciens joueurs internationaux qui
maîtrisent parfaitement les droits et obligations des deux parties. Difficile d'admettre
que chez nous certains entremetteurs répondent au profil souhaité. Leur mercantilisme
fait froid au dos.
La dernière affaire en date, en l'occurrence celle de Zemmama, est la parfaite
illustration de la situation qui prévaut dans les milieux sportifs de notre pays. Une
affaire qui a pris de l'ampleur au point que même la presse sportive écossaise en a fait
ses choux gras. Selon certains médias, une filière, considérée comme une mafia, opère
au grand jour et agit non pas dans l'intérêt des clubs mais dans le sien. Le Raja en a
fait les frais et risque de perdre le montant de la transaction.
Il faut dire également qu'aussi bien le Raja que la FRMF mettent bien du temps à mettre
fin à ce feuilleton qui semble ridiculiser beaucoup de monde. Zemmama joue dans un club
écossais, Hibernians, sur la base d'une lettre de sortie envoyée d'une téléboutique le
10 juillet, alors que le Fédération écossaise n'en avait pas formulé la demande selon
la pratique habituelle. Ce n'est que le 03 août qu'elle en a émis le vu et, ô
surprise ! elle reçoit la même lettre de sortie le
04 août. En principe, cette
procédure demande plusieurs jours mais la rapidité de la réponse est déconcertante.
Le club écossais avait-il le droit de faire jouer Zemmama sur la base d'un document, qui
comporte, certes, le cachet officiel de la Fédération, mais qui, d'apparence n'est qu'un
faux. En tous les cas, c'est ce que devra prouver l'enquête diligentée au sein de
l'instance fédérale. Les Ecossais ont-ils peur de dévoiler la supercherie et répondre
devant leurs supporters de la bévue ? Pourquoi la FIFA tarde-t-elle à donner son point
de vue, voire à prendre des sanctions, alors que le joueur en question est toujours sous
contrat avec le Raja ? Autant de questions qui laissent perplexes et qui montrent bien
qu'il y a certaines zones d'ombre.
D'autant plus que l'on vient d'apprendre que le Raja est sur le point de négocier avec le
club écossais sur la base de 3 milliards de nos centimes. Il semble bien que le Raja, à
travers l'ouverture de négociations, veuille céder sur ce terrain, peut-être par dépit
de voir cette affaire lui glisser entre les doigts. Zemmama est un joueur qui a un immense
talent et le club des Verts a refusé plusieurs offres émanant de prestigieux clubs.
Mais aujourd'hui, le Raja est désemparé faute d'avoir prévu un tel scénario, surtout
que le club écossais n'a proposé que la ridicule somme de 10.000 Euros.
Finalement on se demande pourquoi n'y a-t-il pas de garde-fou contre de telles pratiques?
Si le Raja privilégie, aujourd'hui, la négociation, c'est surtout pour éviter d'être
ridiculisé au cas où le transfert de Zemmama serait validé par la FIFA. Et dans la
foulée, c'est aussi la Fédération qui serait éclaboussée.
Abdeslam Bilali | LE MATIN |